Fiche personnelle

Contact
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19, chemin du Foulot
-
88 350 Liffol-le-grand
-
03 29 06 70 39
Site
www.christianhenot-sculpteur.com
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19, chemin du Foulot
88 350 Liffol-le-grand
03 29 06 70 39
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www.christianhenot-sculpteur.com
Ses premiers pas dans la sculpture, Christian Hénot le fera dès son plus jeune âge auprès de son père, sculpteur sur bois, tentant de reproduire de ses mains encore malhabiles le travail paternel. Mais, ce n’est qu’à l’âge de
quatorze ans qu’il prendra réellement conscience de sa vocation et qu’il décidera de devenir à son tour sculpteur sur bois.
A l’école de sculpture de Liffol-le-Grand, aujourd’hui fermée, il perfectionnera ses connaissances pratiques en travaillant le dessin, le modelage.
Dès son premier emploi, Christian Hénot sera responsable d’un atelier de sculpture d’une fabrique de meubles. Il y restera près de huit années où il s’emploiera à se perfectionner mais aussi à trouver de nouvelles techniques.
C’est presque par hasard qu’il découvre la sculpture sur crosse. Lors d’une chasse, il rencontre un chasseur possesseur d’une
carabine à la crosse sculptée par
un artiste allemand. Après étonnement puis examen attentif de l’arme, il se dit qu’il peut mieux faire.
Il emploie chaque moment de pause ou moment de liberté pour s’entraîner. Grâce à quelques amis chasseurs qui lui font confiance, il sculptera ses premières crosses. Toutefois pour arriver à ce savoir-faire ancestral du détail et de la finesse des sculptures des artistes du XVème au XIXème siècle, Christian se documentera à travers de nombreux ouvrages.
L’artiste, toujours à la recherche de la perfection, se transforme tour à tour en enquêteur, historien, documentaliste.
Il arpente les musées et leurs réserves, notamment celui de
Saint-Etienne, les bibliothèques, rencontre des armuriers et collectionne de nombreux ouvrages. Le fruit de ses recherches acharnées lui permet de découvrir des techniques d’œuvres magistrales mais aussi
de raviver un métier disparu
puisque personne en France n’a reprit le flambeau. L’école française que Christian Hénot a découverte est très différente de l’école allemande. Pas de coups de burins mais la finesse de la sculpture est obtenue en découpant le motif dans l’ébauche avec les ciseaux à bois puis en évidant en creusant, peu à peu avec des gouges.
Fort de ces données, il travaille plus, expérimente des techniques et s’attache à obtenir un résultat parfait. Il lui faudra un
apprentissage de dix ans et d’efforts acharnés pour oser franchir le pas et s’installer comme sculpteur sur crosse.
Dominique Venner, à travers son ouvrage les Beaux-Arts de la Chasse aux Éditions Jacques Grancher, le classe parmi les cinquante ouvriers, tous maîtres dans leur métier qui produisent 60 à 70 fusils par an.
Il les considère pratiquement irremplaçables. Il faut au moins une vingtaine d’années et quelques dispositions naturelles pour devenir un maître.
« Si trois d’entre eux étaient tués ensemble dans un accident, estime Monsieur Beaumont ce serait une catastrophe pour la production.»
Les mains jointes, le corps penché en avant et la tête inclinée vers le bas, c’est dans une attitude de recueillement, d’humilité, presque de prière, que Christian Hénot sculpte le bois.
Sur l’établi, des centaines d’outils de toutes sortes et de toutes tailles sont précieusement rangés devant lui. On peut reconnaître ciseaux, gouges, burins ainsi que la massette, le racloir comme on peut découvrir des instruments bien particuliers. Il travaille presque immobile derrière son établi. Seules ses mains
bougent avec une dextérité de chirurgien. La magie s’opère et à chaque copeau de bois enlevé, l’œuvre se dessine, se creuse, se modèle.
Dans l’atelier, le temps semble suspendu comme si les heures passées au‑dessus d’une crosse n’avait de prise sur la patience de l’artiste. Comme un alchimiste, il transforme un morceau de bois inerte en scène de chasse.
Pour certains travaux tels que la sculpture d’un sanglier ou de tout autre animal sous la poignée ou sous la longuesse d’une arme, il faut changer
la pièce en question.
L’artiste possède de nombreuses ébauches de noyer qu’il propose à ses clients. Mais, il peut arriver que certains souhaitent acquérir eux-mêmes cette crosse. Il convient alors d’être vigilant. En effet, la qualité d’un bois dépend de deux éléments : le veinage et le fil du bois.
Du veinage dépend l’esthétique du bois.
Des veines sombres, nombreuses et torturées sont du plus bel effet mais cela ne suffit pas à garantir la solidité et donc la longévité de la crosse.
En effet, c’est du fil du bois et de son sens que dépendra la résistance dans le temps de cette pièce de bois. Une crosse de fusil doit toujours être droite de fil. C’est-à-dire que les fibres du bois doivent aller de la plaque de couche vers l’extrémité des canons. Un bois dont le fil est perpendiculaire à la crosse ou légèrement de travers sera cassant.
Ce risque sera d’autant plus important si l’arme est un fusil à platines, car l’épaisseur du bois au niveau des platines est très faible et il en est de même pour la poignée.
Pour Christian Hénot, quel que soit le type de gravure, le temps passé, le but est le même.
« Je veux que le chasseur soit fier du travail réalisé sur son arme. Je ne veux pas que dans quelques années il revienne en me disant
qu’il n’est pas satisfait de sa
sculpture. J’essaie donc d’être le plus réaliste possible, d’enrichir l’arme mais sans jamais la dénaturer ».
d’après le portrait de Laurent Bedu
Connaissance de la Chasse